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Subprimes

Des subprimes à l’économie réelle


Avec les ravages qu’elle provoque dans l’économie réelle, on finit par perdre de vue qu’avant d’être une crise économique globale, la crise que nous traversons est une crise de la finance.


C’est, plus précisément, une crise de cette finance hypersophistiquée et ultra mathématisée qui avait connu sur les trente dernières années une croissance sans précédent. Aujourd’hui le monstre s’est retourné contre ses parents pour les manger.


Jusqu’au début des années 70 la finance était restée mathématiquement sous développée. D’après le mathématicien Nicolas Bouleau, une table de logarithme suffisait pour résoudre les questions que l’on pouvait se poser.

Mais la décision de faire flotter les monnaies remet en cause tout cela. Des contrats à termes en devises sont lancés sur les places de marché américaines, sur le modèle qui existaient depuis plus d’un siècle pour les matières premières. Les entreprises ont désormais la possibilité de se protéger contre les variations du dollar ou du franc.

La valorisation de ces actifs étant complexe, les universitaires américains redécouvrent les travaux du français Louis Bachelier, « inventeur » de la mathématique financière. Ce dernier avait modélisé les cours de bourse à partir de raisonnement probabiliste fondés sur les jeux de hasard.

En 1973 Fischer Black et Myron Scholes mettent au point la formule sur le prix des options qui leur vaudra le prix Nobel d’économie et, d’un seul coup, toute la finance se met à recourir à des outils mathématiques initialement prévus pour l’étude d’autres phénomènes : agitation thermique, filtrage de bruits, mouvement d’une particule de pollen dans l’air,...

Lorsque le japonais Kioshi Ito, probablement le meilleur probabiliste du 20eme siècle, a découvert que son intégrale scholastique servait dans la finance et étaient utilisées par les traders du monde entier il n’en est pas revenu !


Mais à trop utilisé des modèles mathématiques, les banques ont perdus de vue l’économie réelle.

En remplaçant leur vieux banquiers bedonnants adeptes des déjeuners d’affaires bien arrosés par de brillants mathématiciens qui s’étaient tout juste débarrassés de leur acné juvénile, elles ont perdu leurs âmes.

Il ne faut pas se faire d’illusions. Dés la crise passée, les banquiers retomberont dans leurs travers mathématiques. Ils nous expliqueront que ces fameux modèles mathématiques seront revus pour intégrer les risques nouveaux qu’ont fait apparaitre cette crise des subprimes. Et, d’ici dix, vingt ou trente ans nous connaitrons une nouvelle crise financière due à l’appétit sans limite des banques. Et à nouveau l’économie réelle en pâtira, des ouvriers perdront leurs emplois et des familles leurs moyens de subsistance.

Et si plus simplement, on demandait aux banques de se recentrer sur leur vrai métier : financer l’économie réelle ?

Les états ont transféré aux banques l’un de leur pouvoir régalien : celui de pouvoir créer la monnaie.

Ils ont donc un pouvoir sur les banques et pourraient donc imposer une telle chose. D’autres modèles existent. Ces six vidéos, qui proposent de passer de l’argent-dette à l’argent-valeur, même si je suis loin d’être totalement en phase avec elles et si elles sont présentées de façon bien trop partiale sont une bonne base de réflexion :

http://www.youtube.com/watch?v=YK3e93gDAbQ

http://www.youtube.com/watch?v=s9yoKWcwh_o&NR=1

http://www.youtube.com/watch?v=jWaKWVVsihE&NR=1

http://www.youtube.com/watch?v=UUyTKSt4BYU&NR=1

http://www.youtube.com/watch?v=Yn6RnZHmgSw&NR=1


(Prévoyez une heure pour les visionner toutes)


Dans tous les cas, le sujet est bien trop important pour être laissé entre les mains de banquiers.




Dernière mise à jour: le 01/09/2010


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