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Vu à la télé!


On vous fait rêver à longueur d’émissions de ces « lofts » lumineux, de ces appartements rendus spacieux par un coup de gomme affirmé d'un architecte (DPLG: doué pour la gomme) qui vous transforme une coquette studette en un plateau lumineux majestueux !

Et le français moyen y croit, naturellement, puisque ça passe à la télé !
Mais comment n’y aviez-vous pas pensé plus tôt…
 
Le « Monsieur à la gomme », à la télé, fait des miracles chaque semaine. Bien sûr le résultat est spectaculaire et particulièrement attractif, surtout si par-dessus le marché on vous relooke tout l’appartement avec des meubles et des éclairages contemporains dont on ne vous dira évidemment pas le prix.

Pourtant, la restructuration des volumes d’une maison est loin d’être aussi évidente qu’on vous le laisse croire.

Dans l’ancien, une capacité de portée limitée des planchers impose souvent de multiplier les murs porteurs, et la suppression inconsidérée de ce que l’on prend souvent pour une simple cloison (parce qu’elle sonne « creux ») conduit parfois à de véritables catastrophes.

Je n’hésiterai pas à dire qu’il me paraît scandaleux d’encourager les téléspectateurs à déstructurer leur maison comme si c’était un jeu d’enfant.

Mais ce n’est pas tout… Une maison sans cloisons peut aussi devenir une maison bien désagréable à vivre.

On comprend que les coups de gomme séduisent tous ceux qui rêvent bien normalement de grands volumes et qui sont réduits à vivre dans des pièces minuscules.

La suppression des cloisons au rez-de-chaussée d’une maison, comme dans les combles, a souvent de désastreuses conséquences sur la commodité d’utilisation des surfaces concernées.

Quoi qu’on en dise, une entrée suivie d’un couloir de distribution, séparant salle à manger, salon et cuisine, évite l’arrivée directe des visiteurs dans la surface « à vivre ». L’entrée et le couloir jouent aussi le rôle de sas pour éviter un brusque refroidissement des surfaces à vivre, l’hiver, quand on ouvre plusieurs fois par jour la porte d’entrée. Est-il nécessaire de rappeler qu’une petite pièce est plus facile à chauffer qu’une grande? Une cuisine séparée, avec une bonne hotte aspirante au-dessus de la table de cuisson, reste aussi la meilleure solution pour éviter d’envahir le salon d’une odeur de frites au moment des repas…C’est moins « déco » qu’un « îlot central », mais c’est aussi bien plus pratique !

Interrogé sur cette mode de l’open-space, un sociologue rappelait récemment l’importance du cloisonnement dans la maison.
Les cloisons sont en effet indispensables pour créer des zones d’intimité, détruites avec tant d’insouciance par des gens habitués à vivre dans des appartements de 200 m2 à 300 m2.
Ainsi, faire cohabiter des enfants d’âges différents sur un « plateau » aux zones de couchages délimitées par des séparations quasi-symboliques, n’est pas une bonne solution pour l’épanouissement différencié des personnalités. Une telle organisation de l’espace, en soumettant en permanence les jeunes à un éventuel contrôle parental, semble même de nature à générer une pression peu propice au développement des enfants.
Elle génère aussi des conflits latents entre générations, disputes normales de toute vie familiale qui ne peuvent plus se trancher par le classique claquement de porte.
La situation devient plus pénible encore à l’âge des « secrets », quand vient  l’adolescence, moment de la vie où l’isolement est aussi une nécessité pour mieux revenir ensuite dans le monde des adultes.
Cette organisation de l’espace tranche d’ailleurs avec celle du domaine des parents dont beaucoup s’attribuent aujourd’hui la fameuse « suite parentale », ce volume réunissant une vaste chambre à une salle de bains privative. Les enfants, devenus sans doute gênants, en sont exclus et se voient attribuer un coin « toilette », compris généralement dans leur « zone de couchage ».

Quant au « hall de gare » créé en réunissant salon et salle à manger pour n’en faire qu’une vaste « pièce à vivre », il est, lui aussi, nous dit le sociologue, « destructeur des phases de convivialité de la vie familiale ; avec pour conséquence la désertion de la table commune des repas au profit de la table basse individuelle voire du plateau, sur lesquels, planté devant l’écran plat, on avale un plat cuisiné réchauffé au micro-ondes, ou l’on grignote une pizza tiède arrosée de boisson gazeuse, médusé par la dernière série télé ou les humeurs hautement passionnantes de jeunes gens enfermés dans un appartement, un loft ou quelque château de pacotille… Alors que toute la famille est pourtant réunie dans cet espace de vie, c’est tout dialogue qui y est rompu, et ce sont les moments élémentaires de la vie en commun, concrétisés depuis toujours par le repas familial, qui disparaissent ».

Les cloisons, finalement, ça a surtout du bon…


Dernière mise à jour le 11/09/2010

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