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Critique de l'économie libérale (d'aprés Joseph Stiglitz)



L’intérêt du livre "Quand le capitalisme perd la tête" de Joseph Stiglitz est qu’il prétend s’appuyer sur l’étude des faits économiques pour démontrer que la pensée libérale est erronée.

Il remet notamment en question, l’idée qu’il existerait une « main invisible » (Adam Smith) qui permettrait aux marchés de s’autoréguler, qu’en cherchant son intérêt personnel, chacun contribuerait à l’intérêt de tous. La théorie de la main invisible ne fonctionne en effet que sous certaines hypothèses, parfois irréalistes. Ainsi, tout le monde devrait disposer de la même information, d’une information parfaite, or, il existe des asymétries d’information naturelles qui peuvent être utilisées pour manipuler le marché. De même, la concurrence doit être parfaite, or Stiglitz montre bien que même les partisans de la déréglementation ne croient pas en cette hypothèse puisque pour eux, l’important est d’arriver les premiers sur le marché afin de pouvoir le dominer.

Stiglitz est aussi très critique envers la foi totale dans les marchés financiers de ses concitoyens. En effet, selon lui les marchés financiers ne sont pas des marchés efficients car les prix (la valeur des actions) ne sont pas forcément fondés sur une information pertinente, la valeur des actions peut ne pas du tout refléter la santé de l’entreprise. Ainsi, la bulle des télécommunications a été engendrée par une « exubérance irrationnelle » (Greenspan). La volatilité du marché peut donc être « aléatoire ». Or, ces inefficacités aléatoires ont un coût : comme la valeur d’une action ne reflète plus la santé d’une entreprise, on peut trop investir dans une branche et sous investir dans une autre, il y a alors une mauvaise répartition des ressources.

Stiglitz insiste sur le rôle des incitations : lorsque de trop grosses sommes sont en jeu, les acteurs peuvent être incités à ne pas prendre les décisions bénéfiques pour la société. Les incitations néfastes peuvent être engendrées par une trop grande interdépendance des intérêts. Ainsi, lorsque la loi a autorisé les fusions des banques d’affaire et de dépôts, les banques ont été tentées de dissimuler les problèmes des firmes qu’elles introduisaient sur le marché, car les sommes rapportées par les transactions étaient très importantes. De même, les analystes financiers sont incités à formuler un bilan positif sur les sociétés dont les actions sont soutenues par les banques d’affaire pour lesquelles leur maison de change travaille. Certaines incitations peuvent conduire à se concentrer sur ce qui est bon à court terme pour l’entreprise, mais non sur ce qui est bon dans le long terme. Ainsi, la rémunération des dirigeants par le système des stock-options les incite à gonfler la valeur des actions à court terme et souvent à manipuler la comptabilité pour donner l’impression d’énormes profits.

Les marchés peuvent donc être manipulés
 : le scandale Enron a montré que les consommateurs pouvaient être lésés lorsque la déréglementation autorise une firme qui a un très grand pouvoir de marché à manipuler le marché en exacerbant la pénurie afin de voir les prix et ses profits augmenter. Quand aux actionnaires d’Enron, ils ont été trompés par le trucage des comptes, autorisé par le laxisme de la loi et le manque de transparence. De plus, la proximité des dirigeants d’Enron avec les pouvoirs politiques leur a permis de faire voter des lois qui leur étaient favorables.

Stiglitz remet aussi en cause la théorie du NAIRU, selon laquelle il existerait un taux de chômage plancher au-dessous duquel l’inflation se déclencherait car « les mutations rapides du marché de l’emploi » permettaient de fonctionner à un taux de chômage inférieur : l’augmentation de l’emploi sous l’administration Clinton ne s’est pas accompagnée d’inflation.



Dernière mise à jour: le 15/03/2009


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