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Une nuit et demie


Nous avons passé la soirée à lire et à échanger. Béatrice avait visiblement apprécié le roman de Guillaume Musso qu’elle lisait. De mon côté j’avais tenté de comprendre les chants de Maldoror. Un bâillement de Béatrice avait marqué l’heure du coucher. Nous avions regagné la chambre et maintenant elle dort à mes côtés tandis que j’attends le sommeil.

23h08- Je décide de me relever. Parfois, une à deux fois par mois, j’arrive à m’endormir en début de soirée. Le plus souvent, comme ce soir je me relève et j’attends que le sommeil me gagne.

23h12 – Assis à mon bureau, j’envisage le champ des possibilités. Que vais-je faire ? Avancer sur un dossier professionnel intéressant, mettre mon blog à jour, me brancher sur World of Warcraft, suivre un cours de l’université de tous les savoirs, continuer la lecture du Comte de Lautréamont, me lancer dans une partie d’échec en ligne… J’opte pour la partie d’échec.

23h16 – Sur le site de parties en ligne je regarde mes statistiques : trois cent soixante huit victoires, cent vingt deux défaites, aucun match nul. Les statistiques sont flatteuses mais je les sais trompeuses. Beaucoup de joueurs débutants viennent sur ce site, ils ne se loguent pas et apparaissent sous le nom d’ « Invité ». Je décide de regarder où j’en suis réellement si je retire les invités. Le score est moins flatteurs : vingt quatre victoires pour quatre vingt seize défaites, exactement un ratio de 1 à 4.

23h20 – Je regarde qui est en ligne et propose une partie. J’identifie facilement un joueur australien que je connais et qui a un classement ELO plus que correct. Je sais qu’il m’a battu chaque fois que je l’ai défié. La différence de niveau est trop importante. Mon choix se porte sur un Invité qui prétend jouer en club.

23h28 – S’il joue réellement en club, cela signifie qu’il y a un vrai problème de formation dans son pays. Je suis parti sur une ouverture très classique. Dés le troisième coup, j’ai compris qu’il ne maitrisait aucune ouverture et qu’il jouait au ressenti. Au neuvième coup il était échec, au seizième échec et Matt.

23h30 – Je me cherche un autre adversaire. L’australien n’a trouvé aucun adversaire. Son classement doit faire peur. Un joueur russe vient de s’inscrire à l’instant. Il m’aborde en anglais et je lui propose une partie avec un peu d’appréhension. Pour moi la Russie est le berceau des échecs. Donc forcément tous les russes maitrisent ce sport, d’où mon appréhension. Il a les blancs et ouvre de façon très classique en occupant le centre de l’échiquier. Il prend de l’avance sur le déploiement des pièces. J’opte pour la défense sicilienne. Je m’aperçois d’une faille dans son dispositif. L’un de ses cavaliers pose problème. Je tente un échange avec l’un des miens. Il le refuse en se collant sur le bord. Victoire ! En allant lire ses statistiques, je m’aperçois qu’il a trois victoires pour une défaite (la mienne !) et une partie en cours. Ce joueur menait donc cinq parties de front. Cela ramène ma victoire à une proportion moindre. Je surveillerai les statistiques de ce joueur à l’avenir.

23h52 – L’australien n’a toujours pas trouvé d’adversaires. Je regarde ses statistiques avec envie : mille quatre cent soixante victoires, cent dix huit défaites, quarante deux nuls. Je décide de me le garder pour un autre jour. Je suis trop content d’avoir amélioré mes statistiques pour les gâcher par une défaite assurée.

23h54 – Je regarde les papiers qui encombrent mon bureau, paye une facture puis décide de brancher World of Warcraft.

23h56 – Mon guerrier orque a fière allure. C’est l’un des meilleurs tanks du monde dans lequel il évolue. Il possédé quatre des huit pièces du T6, l’une des meilleures armures du jeu. La communauté de ma guilde est assez sympathique. La moyenne d’âge y est de 34 ans. Le plus jeune a 14 ans (je ne l’ai pas encore croisé car il joue en journée). Notre doyenne est une charmante retraitée qui a trop lu Tolkien et a une culture générale époustouflante. Notre guilde est composée d’une centaine de personnages (dont onze sont du niveau 70, le plus élevé), d’une quarantaine de joueurs différents
Aucune instance intéressante ne se monte et je décide de me déconnecter.

0h11 – Je fonce sur le site de l’université de tous les savoirs et repère un cours de science de gestion intéressant. 82 minutes. C’est parti !

1h34 – Le sommeil ne vient toujours pas. Je regarde les notes que j’ai prises pendant le cours. Insuffisante comme d’habitude. Je tente toutefois de résumer le cours sur une fiche bristol en ne retenant que les idées principales.

1h42 – J’ouvre le CRM, choisis un commercial au hasard et lis les rapports saisis sur le dernier trimestre. Je les compare ensuite avec le plan d’action que son chef des ventes et lui ont construit. Comme souvent je ne retrouve pas la cohérence entre les rapports et le plan d’action. Il faudra que je pense à en parler au chef des ventes demain. Je note l’action dans mon PALM.

2h25 – Toujours pas sommeil. Je tourne dans le bureau comme un ours en cage.

2h26 – Je me rappelle de la controverse qui avait traversé l’entreprise il y a quelques semaines sur l’intérêt de passer de l’heure d’été à l’heure d’hiver. Je décide de regarder sur internet s’il y a une réponse concrète et les arguments des deux parties. « Curiosité n’est que vanité. Le plus souvent, on ne veut savoir que pour en parler ». Je ne sais plus de qui est cette maxime. Elle s’applique souvent pour moi.

2h40- Les yeux me piquent alors que je n’ai trouvé les arguments que de l’une des parties. Je descends me coucher. Trois secondes après je dors.




21h12 – En arrivant chez moi, je fais le point sur la journée. Elle s’est passée agréablement. J’ai eu le temps de préparer un rendez vous grand compte. Le chef des ventes s’était aperçu du décalage et avait commencé à recadrer son commercial quelques jours auparavant. En fin de journée je me suis rendu à une réunion du Rotary pour planifier un évènement conjoint entre mon club et celui de Bourgoin l’Isle d’Abeau. Béatrice est en déplacement quelque part dans le Jura. J’ai donc une soirée de célibataire devant moi. Si je vais à Chambéry, je sais où retrouver Pierre, Denis et les autres pour une soirée animée. Si je reste à la maison je pourrai affronter mon australien. Le programme australien l’emporte.

21h38 – Je me suis fait plaisir avec deux œufs frits accompagnés d’une petite roquette. J’ai trainé un peu au fromage avec la sainte trinité fromage, pain, vin. Avez-vous remarqué que l’on n’arrive jamais à finir les trois en même ? Lorsque l’on finit son vin, il reste encore du pain et du vin. On est donc obligé (et j’insiste sur le côté obligatoire de cette action) de se resservir. A ce moment là, le pain fait défaut et l’on s’en ressert une tranche. Et ainsi de suite jusqu’à disparition totale de l’un des trois ingrédients.

21h42 – Je suis sûr que mon australien m’attend. J’ai pensé à lui dans la journée. Comme je vais l’inviter, j’aurai les noirs. Et avec les noirs, face à un joueur de cette trempe, je ferai la Caro-Kann. Je suis gonflé de confiance. En me connectant je m’aperçois avec horreur qu’il n’est pas connecté.

21h44 – J’appelle Béatrice pour lui souhaiter une bonne nuit. Elle vient de remonter du restaurant. Je la taquine un peu sur son menu et lui apprends que le fromage a rendu l’âme. Deux fou-rires plus tard elle raccroche en m’annonçant qu’elle va se coucher.

21h46 – Je mets un CD de Brel dans la chaine Hi-fi et prends mon livret d’ouverture pour réviser la Caro-Kann. Ca va chauffer.

21h58 – Mon MSN se met à scintiller. Un joueur de ma guilde sur World of Warcraft me contacte. Ils sont devant Archimonde dans Hyjal et le tank principal du groupe vient de déclarer forfait. Il veut savoir si je suis intéressé pour le remplacer au pied levé. Si j’accepte il y en a pour au moins une heure. Mon australien n’est toujours pas connecté. J’accepte.

21h12 – Premier échec. Si seulement les « heal » pouvaient se coordonner se serait idéal. Le problème vient du fait que le leader du raid a du mal à manager les vingt cinq membres du raid. Sylv (une charmante mage elfe de sang) propose de passer le « lead » du groupe à Goghor (un orque chaman spécialisé en protection). Goghor refait les groupes et nous recommençons.

22h04 – Archimonde s’abat dans un fracas invraisemblable. Nous l’avons réussi dés la seconde tentative, bien mené par Goghor. Je l’interroge sur ce qu’il fait en journée. J’apprends sans surprise qu’il est chef de projet et anime des équipes d’une quinzaine de personnes dans une grosse SSII. Nous nous congratulons cinq minutes et nous séparons.

22h09 – L’australien n’est toujours pas connecté. Je me replonge dans les subtilités de la Caro-Kann.

22h25 – Mon ordinateur scintille. Quelqu’un vient de me défier sur le site d’échec. C’est l’australien. Du coup j’ai les blancs. J’en pleurerai presque de rage ! Je n’ai revu aucune ouverture avec les blancs. Ca va être chaud. J’hésite à accepter.

22h26 – J’ai accepté. Je décide de partir à l’assaut avec l’ouverture très agressive du dragon accéléré. Je pousse les noirs. Je m’aperçois vite qu’il a étudié mes matches précédents et s’attendait à mon habituelle sicilienne. Il est totalement surpris et ça se sent. Il joue ses coups en limite de temps et opte toujours pour les options défensives. Je le provoque en jouant certains coups très vite (trop). Cela semble le déstabiliser encore plus. Il est surprenant que le dragon accéléré le déroute car c’est l’une des façons de jouer les plus en vogue en ce moment, celle d’un joueur de très haut niveau d’origine indienne dont je ne me rappelle que le prénom : Anand. Malheureusement sur la fin je commets des coups un peu moins brillants et son niveau fait la différence. J’obtiens toutefois un nul. Mon premier sur ce site.

23h37 – La partie a duré assez longtemps. Il me propose une partie non chronométré que je refuse. Je n’aurai aucune chance. Par contre je l’invite à une revanche. Du coup il a les blancs et moi les noirs. Je vais pouvoir sortir ma fameuse Caro-Kann. Dix minutes plus tard je suis obligé de reconnaitre ma défaite.

23h52 – Je regard les statistiques de mon russe de la veille. Il a déjà plus de quarante victoires, sept nuls et une seule défaite. Il a arrêté les parties synchronisées après sa défaite contre moi. Il a surtout battu mon australien à deux reprises. Je comprends mieux pourquoi ce dernier a voulu me défier !

23h55 – Je relève mes e-mails, supprime les spam et rédige quelques réponses.

0h30 – Cela fait longtemps que je n’ai pas organisé un petit week-end gastronomique avec mon épouse. Elle m’a récemment parlé du mouton de pré salé de la Baie du Mont St Michel. De mon côté j’irai bien regouter une omelette au restaurant de la mère Poulard. Je relève quelques adresses et numéros de téléphone sur Internet. J’appellerai demain pour réserver et organiser ma petite surprise.

1h02 – J’ouvre mon ordinateur professionnel et branche Diver, l’outil de Business Intelligence utilisé par mon entreprise. Je pousse quelques analyses sur les volumes de ventes de produits « devisables » et les devis actifs. Je m’envoie un e-mail pour penser à exploiter ce travail demain.

2h15 – Le sommeil ne vient pas. Je range mon ordinateur professionnel.

2h17 – Je décide de me pencher sur mon blog. Cela fait longtemps que je n’ai pas rajouté un texte ou un billet d’humeur. Et si je me lançais dans un exercice "surréaliste" : raconter d’une traite, sans relecture, une nuit et demie?

3h10 – Je viens de finir. Je n’ai toujours pas sommeil mais décide d’aller me coucher. Qui sait, peut être trouverai je le sommeil ?

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