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La productivité


La productivité, en science de gestion, est un rapport entre la production de biens ou de services et la quantité de facteurs de production utilisés (donc, le capital et le travail).
La productivité du capital est le rapport entre la valeur ajoutée et le capital fixe productif en volume.
La productivité du travail, est le rapport entre la valeur ajoutée et le nombre d'heures travaillées.
La productivité globale, enfin, est le rapport de la valeur ajoutée au volume des deux facteurs capital et travail. En pratique il est assez complexe de calculer la productivité globale.

La productivité est l’un des principal moteur de la compréhension de la croissance économique. Cette idée, dont sont emblématiques les thèses d'Adam Smith sur la richesse des nations (sous la forme particulière de la division sociale du travail), a un aspect évident, puisque le revenu par tête et le niveau de productivité dans une économie sont, a peu de choses prés, deux manières d'écrire la même chose (fraction entre la production et le nombre d'habitants). Cet aspect tautologique ne doit pas induire en erreur, il montre simplement que la productivité est étroitement liée à la croissance.

La productivité a souvent été opposée à l’emploi. En effet certains économistes expliquent que si la productivité progresse plus vite que la richesse d’un pays (son PIB), alors ce pays détruit de l’emploi.

Toutefois l'effet des gains de productivité sur l'emploi est plus complexe à évaluer. Pour s'en rendre compte il suffit de considérer que la productivité en France a été multipliée par un facteur égal à 20 au cours du XXe siècle : si les gains de productivité avaient des effets négatifs sur l'emploi, la situation de l'emploi à la fin du siècle aurait été beaucoup plus détériorée que celle effectivement constatée. En outre la corrélation entre périodes de gains de productivité et situation de l'emploi supporte plutôt la thèse d'un effet bénéfique des gains de productivité. Ce point de vue est cependant contrebalancé par l'observation d'une tendance historique à la réduction de la durée du temps de travail annuel par individu employé (de 3100 heures par an en 1835 à 1650 heures de nos jours en France) ou au long de la vie (interdiction du travail des enfants, études longues et systèmes de retraite). Ainsi si "l'emploi" (nombre de personnes en activité ayant un emploi) est maintenu la quantité d'heures travaillées par personne au long de la vie a très fortement diminué en même temps que l'augmentation de sa productivité.

Traditionnellement, on considère que les gains de productivité possibles ne sont pas aussi importants selon les secteurs. En particulier ils sont faibles dans certains services. C'est ce qu'avait déjà constaté Adam Smith en donnant l'exemple des coiffeurs, et qu'ont généralisé récemment les économistes William Baumol dans le domaine du spectacle, (sous le nom de « maladie de Baumol ») puis James Heilbrun avec son texte sur l'économie de l'art et de la culture.

La productivité a également inspiré Peter Drucker avec des outils tels que la « direction par objectif » ou Pritchard avec son outil de mesure ProMES (Productivity Measurement and Enhancement System).

Historiquement, les gains de productivité de ces trente dernières années ont connu quatre modes qui se sont succédées en se chevauchant.

La première est celle de la productivité industrielle: les années 80 à 90 avec la dictature du ROI et du ROCE. On a rationalisé les productions en transférant les lignes de produits là où leur exploitation était la plus synergique et la moins coûteuse. Ensuite on a rationalisé chaque ligne et on a créé des standards. Tout ceci a permis de réduire les coûts de façon considérable.

La seconde mode a été celle de la supply chain. Elle a commencé un peu plus tard et a vu naître une nouvelle fonction au comité de direction. Les services logistiques s’en sont vus valorisés et on a trouvé des gisements de productivité en raisonnant « service au client » et en faisant coller l’organisation de l’entreprise à celle du client. Les personnes qui gèrent les stocks se sont mises à travailler avec celles qui établissent les prévisions des ventes et celles qui prennent les commandes avec celles chargées du transport. De là on a déduit ce que les usines devaient produire et la réduction des interfaces entre les services de l’entreprise a permis de beaux gains de productivité.

La troisième a été celle de l’arrivée des nouveaux acheteurs et de nouveaux comportement comme ceux liés au category management. D’abord confiée à des cadres en fin de carrière (souvent frappé du principe de Peter), cette fonction a fini par arriver entre les mains de jeunes cadres dynamiques et ambitieux primés sur la réduction des achats des matières premières et des autre dépenses. La mode des NSCK (non salarial cost. killer) était lancée avec tous les heurts que l‘on peut imaginer avec ce type de pratique.

La dernière s’est attaqué à l’immatériel, c’est-à-dire la gestion de l’information. Les ERP ( Enterprise Resources Planning), CRM, BI et autres outils ont fait leur apparition. Avec cette mode, les consultants fleurissent et les outils de conduite de changement ressortent des tiroirs! Certains projets mal montés ont tués bon nombre d’entreprises et à titre personnel je crois peu à l’intérêt de ce genre d’outils sur le plan de la productivité (le retour est trop aléatoire). Par contre ce sont de superbes outils pour organiser le reporting et pour permettre aux dirigeants de prendre les bonnes décisions avec le maximum d’éléments entre les mains.

La prochaine, si l’on en croit les gourous actuels pourrait être l’externalisation. Mais tout n’est pas externalisable et l’externalisation connaît de nombreuses limites (voir à ce sujet la théorie des coûts de transaction de Williamson).




Dernière mise à jour: le 13/02/2009


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