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Régulation financière



La notation de l'économie greque vient de se dégrader. Cela ne présage rien de bon pour l'euro qui va bientôt se faire attaquer.

Bonne nouvelle pour l'emploi rétorqueront les exportateurs. Mauvaise nouvelle pour les consommateurs rétorqueront les associations consuméristes.

Pour autant, intéressons nous à cette notation.

Les agences de notation, dont la dépendance à quelques établissement financiers rend toute décision suspecte ne sont qu'au nombre de trois. Et l'abaissement de la notation de la Grèce pousse à quelques questions:
- Est il légitime de classer la dette d'un pays dont la monnaie est l'euro comme une "junk bond" (obligation pourrie)?
- Est il opportun de dégrader la note d'un état quelques minutes avant la fermeture des marchés, au risque de précipiter des ordres d'achat et de vente?

Le problème de ces notations est qu'elles ont un effet autoréalisateur sur les marchés financiers et conduisent à placer entre les mains de ces trois agences privées le destin de tout un peuple.
Vous en conviendrez: Il y a là un dysfonctionnement et il faut plus de régulation!

Comme nous le savons tous, la monnaie n'est créée par les états que pour 5% de sa masse tandis que les banques en créent plus de 90%.
En effet lorsque nous empruntons à notre banque 20.000 euros pour acheter une voiture, elle génère ces 20.000 euros. Nous nous trouvons à la fois propriétaire d'une voiture et d'une dette de 20.000 euros, tandis que l'ancien propriétaire ira déposer dans cette même banque le montant de la transaction.

La banque aura donc une opération neutre en trésorerie et se trouvera "popriétaire" d'une créance de 20.000 euros.

Comment peut on tolérer que des entreprises qui créent la monnaie d'un pays soit autorisée à spéculer au risque de perdre plusieurs milliards d'euros... et d'avoir à choisir entre leurs survies et la santé financière de l'état pour lequel elles créent la monnaie?
Vous en conviendrez: Il y a là un dysfonctionnement et il faut plus de régulation!

Aujourd'hui les économistes prêts à demander une régulation des marchés financiers sont nombreux. On trouve parmi eux Joseph Stiglitz (Nobel 2008), qui dans son "critique de l'économie libérale" le demande ouvertement. Maurice Allais est aussi de ce nombre.

Prix Nobel en 1988 pour ses travaux d'avant guerre dans lesquels il démontrait de manière rigoureuse comment l'équilibre concurentiel est une situation d'efficacité maximale, Maurice Allais prétend que la dérégulation financière provoque des crises mondiales à répétition.

Lorsque de grands économistes de renom comme ces deux prix Nobel demandent une régulation financière, pourquoi ne pas écouter leurs arguments?
Peut être parce que, le citoyen moyen ne maitrisant pas les rudiments d'économies, la pression démocratique ne se fait pas assez forte.

Toutefois, j'en suis convaincu, seule la régulation financière, étendu à tous les états du monde, pourra éviter que nous ne revivions les aléas que nous connaissons depuis l'Automne 2008.

Les européens pourraient y parvenir si la volonté politique arrive. Les Etats Unis n'accepteront jamais, la spéculation fait partie de leur patrimoine culturel et les agences de notation sont sous dépendances américaines. Réguler la finance reviendrait à perdre un pouvoir stratégiquement trés important.

Nous sommes donc condamnés à subir régulièrement des crises financières ou à réguler européennement en obligeant nos banques de se désengager totalement ou partiellement des pays qui ne pratiqueront pas cette régulation.

Que nous réservera l'avenir?



Dernière mise à jour : 31/03/2010


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