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I have a dream


Ce matin là, en me réveillant, je savais que j’allais assister à un évènement historique. Depuis plus de vingt ans, depuis le premier projet de constitution européenne, l’idée prenait de l’ampleur.

Aujourd’hui elle devenait réalité : nous allions élire le premier président de la république de la fédération européenne.

Sur la trentaine de pays membre de l’ancienne Union Européenne, seuls huit avaient accepté d’abandonner une grande partie de leurs prérogatives nationales au profit de ce nouvel état fédéral. Il ne faisait aujourd’hui aucun doute que la vingtaine d’états qui n’avaient pas voulu participer à l’aventure ne tarderaient pas à nous rejoindre.

En buvant le premier café de la journée sur la terrasse je taquinais mon épouse. Allait-elle voter pour le libéral polonais, le démocrate allemand ou le socialiste italien ? Était-il toujours aussi important pour elle que le candidat espagnol ne soit ni francophone, ni germanophone ?
Toutes ces idées nouvelles, auxquels s’ajoutaient le gazouillis des mésanges et l’odeur de rosée amenée par le vent donnaient à cette matinée de printemps un parfum extraordinaire, un parfum d’espoir. Une abeille téméraire tentait de prendre de la confiture de cerise sur une cuillère. La lumière de cette matinée de printemps berçait ma pensée.

Pour ma part, j’avais fait mon choix. La mission de ce président était de roder cette nouvelle constitution, de lui donner une âme, de la porter sur les fonds baptismaux. Le parallèle avec ce qu’avait fait le général de Gaulle avec la cinquième république au milieu du siècle dernier était inévitable et la presse s’en était fait largement écho. Je voterai donc pour l’un des auteurs de la nouvelle constitution. Je voterai pour un homme et non pour un projet.

De toute façon, les meilleurs plans, les meilleurs programmes ne résistent pas à la pression des évènements. Que vaudrait un plan de relance de l’économie et d’augmentation du pouvoir d’achat si demain notre nouvelle fédération venait à subir une vague d’attentat violent ou une crise financière en Asie ? Les priorités ne seraient elles pas alors revues ?

Dans tous les cas le fait de pouvoir agir au niveau d’une fédération donnera plus de poids à l’action politique qu’une simple volonté nationale.

En arrivant devant le bureau de vote, il était difficile de ne pas remarquer la longueur de la file d’attente. Visiblement cette élection n’attirait pas qu’une attention médiatique. Il s’agissait vraiment d’un engouement populaire. Le soleil matinal baignait la file dans une douce euphorie. L’avenir sentait bon.

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